Entretien avec Maurice Caveing. Propos recueillis par Hourya Benis Sinaceur, novembre 2011

Comment et à quelle date as-tu fait la connaissance de Dominique Desanti ?
Je rencontrai Dominique Desanti à la faveur d’une invitation transmise par Touky. Je sortais de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, ayant terminé l’oral de l’agrégation de philosophie. Durant l’année universitaire écoulée j’avais suivi son séminaire de préparation à cet oral portant sur les questions d’épistémologie. Étaient-ce là des titres suffisants à cette invitation ? Sans doute. Je pense cependant que, dans mon cas, il y en avait un autre : celui d’ancien de la Résistance, sans compter mes activités syndicales dans l’École et politiques en dehors, dans les milieux des chrétiens de gauche.
Ce fut donc dans les jours de la fin juillet ou du début d’août 1948, dans le modeste logement qu’était alors celui du couple Desanti, boulevard Masséna.
Intimidé, je pénétrai dans le salon de la journaliste connue de L’Humanité et de l’hebdomadaire Action. Le samovar fumant trônait sur la vaste table ronde, bordée par le cercle de porcelaine des tasses de thé, et offrant les assortiments de petits fours. La maîtresse de maison présentait chaque nouvel arrivant par quelques traits élogieux et frappants, lançant à son sujet une nouvelle piste de conversation destinée à s’entrecroiser avec les précédentes. Dans une ambiance chaleureuse et généreuse, la glace était vite rompue. Lové sur un coussin, un chat déjà ronronnait. Et Touky, l’œil amusé et ravi, fumait avec équanimité une pipe renouvelable.
Le décor était planté ; il devait le rester pour moi pendant soixante-trois ans dans les résidences successives de la rue de Verneuil, de la rue du Bac et de la rue Clauzel, comme le cadre d’un lieu de dialogue et de réflexion exceptionnel à certains moments de l’histoire et de l’existence personnelle.
Mais ces mois du printemps 1948 n’étaient point quelconques. C’étaient ceux du début de la guerre froide : mise en place de la politique de « containment » du communisme par les Etats-Unis, lancement du Plan Marshall, refus de ce plan par les pays de l’Est européen contrôlés par l’URSS, y compris la Tchécoslovaquie, et bientôt mise en place du Kominform, etc…. Or c’était l’actualité, tant politique que culturelle, et non point la philosophie, qui tenait la place principale dans les discussions du salon de Dominique. C’est elle en effet qui en donnait le ton et suscitait le tour que prenait le débat.

Tu partageais donc avec Dominique des choix politiques et un engagement très à gauche ?
Lors des premiers échanges avec Dominique Desanti, les affinités idéologiques ont-elles joué un rôle, puisque j’avais adhéré au parti communiste, tel est en somme le sens de ta question ? Franchement, je ne le pense pas. Je n’avais derrière moi que quelques mois d’appartenance au parti ; j’avais rejoint en effet dans le cadre de la rue d’Ulm un groupe d’amis, anciens condisciples de la khâgne de Lyon, ou anciens résistants, et quelques déportés, qui y avaient constitué une cellule. J’avais tout à apprendre et je ne crois pas que cela ait été déterminant dans l’invitation des Desanti. En revanche j’avais déjà cinq ou six ans de discussions politiques, du fait de la pénétration du personnalisme en khâgne et de ma découverte du Témoignage Chrétien clandestin en 1942. L’idéologie du parti, d’ailleurs, une bonne part de la population l’absorbait plus ou moins à son insu, en raison des moyens considérables de sa presse, et des répliques énergiques qu’elle s’attirait de la part des autres courants. Mais cela n’allait guère au fond des choses et suivait de près une actualité extrêmement mouvante. Les éditions du parti publiaient quelques brochures, contenant des extraits d’ouvrages choisis des fondateurs du marxisme, ou des dirigeants communistes, lues par les militants et les cadres. Aucun des textes fondamentaux du marxisme n’était alors disponible en librairie, et la vieille édition « socialiste » de Bracke-Desrousseaux introuvable. Cette propagande pénétrait évidemment les milieux intellectuels suscitant critiques ou approbations, et les adhérents eux-mêmes, dont l’unité officiellement prônée était loin d’être monolithique. En guise d’affinités on ne pouvait noter, entre membres du parti, que l’usage parfois d’allusions décelables seulement par les initiés.

Mais Dominique n’était pas femme à s’en laisser conter, même par une propagande bien orchestrée, n’est-ce pas ?
Si l’on veut caractériser ce qui déterminait l’engagement politique de Dominique Desanti, il faut s’orienter dans une tout autre voie. Dominique était une révolutionnaire, j’entends une révolutionnaire dans la grande tradition russe qui, des Dékabristes aux bolchéviks authentiques de 1905 et de 1917, avait nourri pendant un siècle les actions de ces hommes d’un même amour de la liberté. Elle en trouvait l’écho et la trace jusque parmi les siens, en la personne de son père, laïc convaincu, qui après Octobre recevait à sa table parisienne Kerensky l’exilé, et fut assassiné par les nazis. Mais elle l’était surtout par son tempérament propre plus que par son milieu de naissance. Des révolutionnaires elle avait l’intrépidité, la ténacité, l’indifférence à l’argent, le tranchant du jugement, la disponibilité pour l’action, l’aversion innée pour tout ce qui entreprend contre la cause de la liberté. Là se trouvaient les sources de cette énergie passionnée qui émanait de la personnalité de Dominique et qui ne pouvait laisser personne indifférent.
Restait à savoir quelles sortes de circonstances pouvaient mettre en mouvement cette potentialité d’action.

Dominique était donc une inconditionnelle radicale de la liberté ?
En France dès l’adolescence, Dominique n’est pas directement touchée par la réalité immédiate et vécue de la Révolution d’Octobre. Et ce n’est pas l’action directement politique, non plus que l’étude théorique des doctrines qui peuvent fixer son intérêt. Sa sensibilité esthétique la porte ailleurs, vers la chose littéraire, la poésie, la peinture. Peu visible dans le quotidien de la vie, la sûreté de son goût poétique par exemple apparaît dans le choix des poèmes dont elle a émaillé certains de ses livres. Or l’amour de l’art et de la liberté, la révolution dans la littérature et les arts, en France, en ce moment-là, ce n’était autre chose que le surréalisme. Et l’on peut se souvenir de l’image, qu’elle évoque dans un de ses livres, de la jeune fille de quinze ans traquant à travers les vitres d’un bistrot de Pigalle une réunion du cénacle, dans l’espoir d’entrevoir le profil d’André Breton, de Louis Aragon ou de Robert Desnos.
Avec le surréalisme s’annonce l’ouverture sur les avant-gardes européennes, et spécialement russe. Ainsi font retour les problèmes du communisme, tandis qu’en France le P.C. français inaugure des entreprises de séduction à l’intention des intellectuels. Rien de tout cela cependant ne décide de l’engagement politique de la révolutionnaire, malgré l’exemple d’Aragon, ni même le déclenchement de la guerre, en un moment où le pacte Hitler-Staline déçoit et indigne les anti-nazis.
Seule la situation de totale résistance, éventuellement armée, à la domination terroriste du nazisme pouvait rencontrer la radicalité révolutionnaire qui habitait Dominique Desanti, et déterminer son passage à l’engagement. Or l’idéal de la Résistance était souvent pensé comme la Révolution elle-même et la Résistance se termina victorieuse dans la Libération. Il y avait donc lieu de poursuivre l’engagement dans le contexte de la démocratie politique, c’est-à-dire par le moyen de l’action des partis, plus précisément de celui qui se définissait comme « révolutionnaire », le parti communiste. Donner son adhésion – peu importe que ce fût avant ou après la Libération – c’était donc maintenir une continuité, une cohérence, une identité.
C’était d’ailleurs, (pour revenir à une question évoquée au début de cet entretien), le seul point que j’avais en commun avec les Desanti. Pour tout le reste mon parcours était différent, et en particulier je croyais naïvement qu’il me fallait tout d’abord m’assimiler les gros ouvrages théoriques de Marx et d’Engels, à commencer par la thèse philosophique de Marx sur Démocrite et Epicure !

Chez Dominique l’amour de l’art est donc une figure de l’amour de la liberté ?
Certainement. Mais on ne peut négliger un autre trait important de la personnalité intellectuelle de Dominique. À l’Université en effet elle s’était donnée une formation d’historienne, c’est-à-dire le moyen d’aborder l’histoire de l’art et celle de la littérature, puis de déboucher, le moment venu et les circonstances s’y prêtant, dans l’histoire politique. Son attention devait se porter naturellement vers l’histoire contemporaine, mais je préférerais dire l’histoire du temps présent, formule qui n’enclot pas précisément une période entre deux dates, mais laisse ouverte la porte à tout ce qui concerne notre présent. En ce sens, par exemple, Flora Tristan appartient à l’histoire du temps présent.
Ainsi orientée, Dominique Desanti refusait de tronquer l’histoire, c’est-à-dire de se priver de cette approche concrète que constituaient la vie et le témoignage des acteurs des événements. Au contraire, elle était spontanément attirée par le contact vécu avec les personnalités marquantes à travers lesquelles elle ressaisissait ce qui s’était réellement passé. C’est dire qu’en elle l’historienne rejoignait la journaliste, l’œuvre de l’écriture maîtrisée voyait le jour dans le sillage du grand reportage où Andrée Viollis avait montré la voie. Histoire orale, dira-t-on, et donc sujette à caution ? Non, car, pour Dominique, si le témoin erre ou ment, c’est précisément là qu’il est intéressant.
Je me souviens de Dominique « couvrant » pour L’Humanité la longue grève des mineurs de novembre 1948, ou encore suivant le Tour de France sur le siège arrière d’une moto et téléphonant chaque soir son « papier » au journal, ou bien, plus tragique, rentrant à Paris du procès Kostov, encore vibrante de la protestation d’innocence du condamné avant qu’on l’emmène à l’exécution.
Grand reporter, passionnée par l’entretien avec les auteurs de l’histoire immédiate, Dominique ne pouvait que se tourner avec prédilection vers le genre de la biographie, reconnu, depuis quelques décennies, comme partie intégrante de la connaissance historique : l’approche prosopographique. À l’horizon de ce chemin apparaissait la romancière.

La liberté, l’art, l’histoire, l’histoire de l’art et des artistes, le roman-vrai, la vie des gens, d’ici et d’ailleurs, leurs mœurs et leurs croyances, l’émancipation des femmes, les conquêtes sociales, la paix mondiale, autant de moteurs pour l’infatigable quête à l’avant-garde du réel chez Dominique ?
Déjà les toute premières publications de Dominique Desanti, de modeste apparence, sont significatives. Nous avons choisi la paix (Seghers 1949), est une galerie des figures marquantes du Congrès de Wroclaw, dont elle a recueilli les entretiens sur le vif. Visages de partout (Éditions de l’Avant-Garde, 1951) évoque les participants au 3e Festival Mondial de la Jeunesse et des Étudiants à Berlin et leur expérience de la guerre. Visages de femmes (Éditions sociales, 1955) est un recueil de biographies féminines choisies par Dominique : Louise Michel, Rosa Luxembourg, Nadejda Kroupskaïa, Ethel Rosenberg. Plus tard, après la proclamation de l’indépendance de la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny, elle revient d’un voyage en Afrique avec un volume de trois cents pages, sans doute l’un des rares ouvrages actuels et intelligents à cette époque où les media ignorent cordialement la réalité africaine : Côte d’Ivoire (Éditions Rencontre, 1962).
Je ne dirai ici quelques mots que d’une partie de la production littéraire de Dominique Desanti, ses livres, sans méconnaître l’existence d’articles, préfaces, etc., et, parmi les livres, ceux du domaine historique. Les biographies viennent au premier plan. Dominique a voulu revivre la vie de quatorze personnalités, dont neuf femmes : Antoinette Six, Marthe Hanau, Rosa Luxembourg, Flora Tristan, Drieu La Rochelle, Marie d’Agoult, Sacha Guitry, Elsa Triolet, Louis Aragon, Sonia Delaunay, Wladimir Nabokov, Marina Tsvetaëva, Robert Desnos, Maria Skobtsova. D’autres livres ont pour objet un groupe d’auteurs ou de figures historiques : L’Internationale Communiste, Les Socialistes de l’Utopie, Les Staliniens, La Femme au temps des années folles, Les Aragonautes. Ce genre d’ouvrage est un autre défi, car le ciment qui fait le groupe n’est pas donné d’avance et n’apparaît souvent qu’in fine grâce au talent de l’auteur qui le restitue par son analyse descriptive. Deux autres livres encore s’attachent à suivre l’histoire dans sa double variété du court et du long terme : L’année où le monde a tremblé : 1947, et Ce que le siècle m’a dit, le second présenté comme « mémoires ». On réservera enfin une place à part aux deux titres  Les années-passion et La liberté nous aime encore : le premier revêt la forme du roman, mais dans sa substance il relève, je dirais, de l’ego-histoire, et ce par la vertu de l’analogie ; quant au second il s’agit des deux ego-histoires croisées des pensées de Dominique et Jean-Toussaint Desanti, tout au cours de leur long compagnonnage.

Que sais-tu du moment précoce et de la manière dont Dominique a rejeté le carcan de la pensée communiste ? Ne crois-tu pas que Dominique était douée d’une si authentique ouverture à la diversité concrète qu’elle ne pouvait supporter bien longtemps le credo unique ?
Militante révolutionnaire dans le champ politico-culturel, Dominique le fut certes. Mais cela ne l’identifie pas totalement à la militante « communiste » qu’elle fut pendant sa période d’adhésion au parti. Sans doute le fut-elle alors avec toute la détermination et la loyauté dont elle était capable et défendit-elle « les positions de la classe ouvrière », selon la terminologie officielle, de façon telle qu’elle semblait la figure même de la journaliste « dans la ligne ».
En réalité elle le fut en étant elle-même, c’est-à-dire telle qu’elle avait été dans la Résistance, et qu’elle sera une fois délivrée de la mythologie stalinienne. Dominique n’a jamais été une doctrinaire alignant des abstractions dogmatiques pour justifier l’injustifiable. Et dans le même esprit elle ignorait le sectarisme, cette façon de partager les gens en deux blocs, les « adeptes », sans états d’âme, et les « traîtres », devenus ennemis définitifs.
C’est fort simpliste de croire que les intellectuels qui adhéraient au parti communiste en ce temps-là étaient des esprits dénués de doutes, béats d’admiration devant la victoire soviétique. Ils connaissaient l’histoire, du moins en partie, et même mystifiée, et ils en ignoraient aussi bien des faits. Mais faire un choix ne réduit pas au néant les arguments qui peuvent le condamner. On les fait taire, mais ils ne cessent de s’agiter dans un coin obscur de la conscience. J’avais été frappé, en pénétrant dans la salon de Dominique Desanti, par le fait que les conversations qui s’y déroulaient étaient souvent des tentatives de « vérification » confrontant aux faits réels les interprétations censées étayer les positions du parti. Cela n’était pas pour me surprendre, car je n’avais jamais refusé moi-même de discuter avec un militant non stalinien.
Cette attitude critique différenciait foncièrement Dominique et ses amis des militants suivistes. Cela d’ailleurs ne les conduisait pas à être indisciplinés. Je dirais même qu’ils se devaient de se montrer exacts en ce domaine car ils avaient en quelque sorte à se racheter : en effet, les militants « issus de la classe ouvrière » (selon l’expression consacrée) bénéficiaient – si l’on ose dire – d’une virginité native, exempts qu’ils étaient de ce « péché originel » que traînaient après eux les intellectuels.
La même ouverture à des voies nouvelles de la révolution se voyait chez Dominique dans le domaine de l’art et de la littérature d’avant-garde, quand la ligne du parti voulait coucher les œuvres sur le lit de Procuste du canon jdanovien et peindre les toiles de la main de Fougeron, ainsi que dans le domaine de la liberté des peuples, laquelle ne s’était jamais limitée pour Dominique aux frontières de l’Union Soviétique. Son anticolonialisme se manifesta dès les jours de la Libération de la métropole, quand la grande majorité de la population chloroformée par Vichy ne comprenait guère pourquoi l’on parlait d’Union Française , si bien que le parti ne soutenait ce mot d’ordre que du bout des lèvres, et votait les crédits des forces répressives françaises au Viêt-Nam. La prise en compte d’un avenir de liberté pour les peuples à l’échelle du monde est restée ensuite un trait permanent de l’engagement de Dominique.

Tu viens d’évoquer un trait majeur du personnage et de la vie de Dominique, son intérêt pour les autres peuples de la terre, ceux d’Asie, et ceux d’Afrique aussi, bref la dimension internationale de son engagement et son tiers-mondisme. Il faudrait sans doute plus que simplement mentionner son intérêt pour le continent Africain que tu as évoqué au début de cet entretien, ses liens avec des personnalités intellectuelles ou politiques de cet autre rivage, sa participation à l’hebdomadaire Jeune Afrique, son amitié avec les poètes surréalistes Georges Schéhadé et Georges Henein, ses discussions avec l’historien marocain Abdallah Laroui (auteur de L’idéologie arabe contemporaine, 1967), ses cours dans les Universités américaines sur le roman africain francophone, et toutes les personnes très diverses avec lesquelles elle a entretenu un dialogue pour un temps ou pour longtemps. Mais toi, quelle image gardes-tu de Dominique dans ses dernières années passées au « clos » (l’appartement de la rue Clauzel) ?
J’ai rendu visite à Dominique, en son domicile, le vendredi 1er avril 2011, à l’heure du thé. Elle portait une grande fatigue, se mouvant avec peine, et la tête penchant comme victime d’une inexplicable déformation. Pour le reste, semblable à elle-même, telle que je l’avais toujours connue, avec cet élan vers la vie qui timbrait sa voix. Elle commentait la dernière nouvelle digne de son attention toujours passionnée et dont elle savait l’écho probable chez son interlocuteur. Elle s’opposa avec fermeté à mon intention de l’aider en prenant sur moi de rouler jusqu’au salon la desserte sur laquelle elle avait préparé le thé. Elle protesta qu’elle ne saurait le souffrir car j’étais son invité. Par la suite, elle alla chercher sa dernière publication et m’écrivit une dédicace dans laquelle elle mentionna que nous nous connaissions depuis soixante-trois ans. Ainsi l’hospitalité russe ne pouvait pas manquer à ce témoignage d’amitié. Et tout naturellement la conversation roula sur les événements publics et privés de ces premières années pleines d’agréments. En prenant congé, je jetai un regard circulaire sur ce salon, les tableaux, les dessins, les portraits aux murs, les chats mascottes du divan, les objets du monde entier et les livres, mêlés sur les consoles et cheminées, la grande table centrale chargée de fleurs, de bonbonnières et de petits coffrets d’argent C’était, enrichi, le cadre même où j’avais été admis entrant dans la carrière et où j’avais rencontré tant de contemporains. Je m’attardais à le contempler. Je ne savais pas encore que c’était pour la dernière fois.

23 novembre 2011